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Ce soir aura lieu le premier conseil municipal pontissalien du nouveau mandat. Vous le savez, Patrick Genre a été ré-élu assez largement, sur fond de très forte abstention.

Si vous êtes inscrits sur twitter, vous avez peut-être suivi le très amusant #poncifsdemilitants qui reprenait les phrases creuses, les slogans faciles que tous les candidats ou leurs soutiens peuvent prononcer à un moment ou un autre. Même les meilleures ministres peuvent se laisser aller

Mais ces poncifs ne sont pas forcément réservés aux militants en campagne : on peut en retrouver dans certaines analyses et je reste toujours surpris de lire certaines vérités assénées sans aucun recul.

Je m’explique.

A Pontarlier, comme en 2008, il y avait donc une seule liste de droite et deux listes de gauche. Nous avons donc permis à des électeurs de gauche ne se reconnaissant pas dans le PS ou pour des centristes ne se reconnaissant pas dans celle de l’UMP d’avoir un autre vote possible au premier tour. Nous avons permis à des électeurs de gauche n’appréciant pas les écologistes de voter pour une liste de gauche libérée de ces khmers verts. Il m’apparait assez évident que le total des deux listes de gauche, certes trop bas, est supérieur à ce qu’aurait enregistré une liste unique de la gauche. Et pourtant, on relit encore souvent ce même commentaire « la gauche est divisée donc elle va perdre ».

On lit par exemple dans l’Est Républicain : « les Verts sont retournés seuls au combat alors que les deux conseillers verts sortants ont expliqué en fin de mandat à leurs militants s’être très rapidement sentis impuissants et inefficaces dans le rôle de conseiller municipal d’opposition… Tout cela pour reproduire la même configuration et donc la même implacable logique de division létale pour la gauche pontissalienne « .

L’impuissance bien réelle, c’est celle du conseiller municipal minoritaire. S’il n’y avait eu qu’un seul groupe de gauche, cela n’aurait rien changé, nous n’aurions pas eu les dossiers ou les informations plus tôt, nous n’aurions eu aucun pouvoir décisionnaire de plus.

Pour Catherine Eme-Ziri de France 3, la gauche fait carrément « tout pour perdre« .

Mais enfin, quelqu’un a-t-il quelque part une seule étude sérieuse prouvant qu’avoir  deux listes de gauche au premier tour augmente le nombre de suffrages de la liste de droite ? Cette affirmation gratuite répétée à longueur de temps est pourtant systématiquement contredite dans les faits ! Il ne suffit pas d’invoquer « la dynamique » comme un mantra pour qu’elle soit là.

En 2014, deux listes de gauche, 5 élus. En 2008, deux listes également, 6 élus pour la gauche. En 2001, une liste unique et ce fut la plus grosse fessée de la gauche avec seulement 25% des voix et 4 élus. La dernière victoire de la gauche à Pontarlier remonte à 1989 avec Yves Lagier. Il y avait alors deux listes de gauche au premier tour …

Me trompé-je ou il y a deux tours lors des élections municipales ? La démocratie, ce serait donc de ne pouvoir choisir qu’entre deux conglomérats décidés en amont par les appareils politiques et non pas par les choix des électeurs. Les deux listes de gauche ont toujours rappelé qu’elles fusionneraient en cas de deuxième tour, c’était une évidence mais au moins, les électeurs avaient leur mot à dire.

Les résultats de dimanche derniers montrent surtout … que tout le monde a perdu ! Patrick Genre a perdu 200 voix par rapport à 2008, les socialistes 500 et les écologistes 90. Ce sont les abstentions qui ont gagné et l’analyse que faisait Liliane Lucchesi sur Radio Plein Air me parait bien plus juste que la simple répétition de « la division de la gauche ». Personnellement, je constate surtout que la vague bleue, le vote sanction à l’encontre du PS ont plutôt été bien endigués à Pontarlier et l’augmentation de 5% de Patrick Genre ne tient qu’à l’abstention des électeurs de gauche. Sans une liste écologiste autonome, cela aura été encore pire !

Le problème de la gauche à Pontarlier, au-delà des considérations nationales, c’est surtout qu’elle n’a pour le moment encore personne de crédible. Claire Rousseau a les compétences pour prendre ce rôle de leader qui manque à la gauche pontissalienne. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

La gauche était en tête à Pontarlier aux européennes, aux cantonales, aux régionales … Pontarlier n’est pas « un bastion de la droite ».

Les résultats de 2014

Les résultats de 2014

Les résultats de 2008

Les résultats de 2008

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2 réflexions sur “Municipales : poncifs de militants … et d’analystes

  1. En général, militants et électeurs sont traversés par deux sentiments contradictoires : d’une part la volonté d’affirmation de leur identité (qui conduit à des listes séparées), d’autre un tropisme unitaire (ne pas se diviser face aux adversaires. ). Avoir deux listes permet de ratisser plus large au 1er tour, mais les reports sont parfois très imparfaits au second tour. L’équilibre entre l’affirmation identitaire du premier tour et la nécessaire union du 2nd est toujours difficile à trouver, à droite comme à gauche. Et ce raisonnement, j’insiste, vaut aussi bien pour les militants que pour les simples électeurs.
    Les médias, eux, ne retiennent comme souvent que la vision négative : les divisions fragilisent, ce qui est vrai dans beaucoup de cas (mais faux dans nombre d’autres également).

  2. J’ajoute aussi que si on met de côté les calculs politiques, la liste écologique avait un projet cohérent et réaliste, différent du projet de la liste socialiste. Il est donc normal de présenter une liste pour soutenir ce projet. Tout simplement ! Ca s’appelle « défendre ses idées » !

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