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Pour pouvoir comprendre ce récit édifiant, il vous faut connaître quelques dates. Une fois ces évènements clés connus, vous serez alors au même niveau d’information que la micro-firme d’un soir, et ce n’est pas rien.

En 2003, trois jeunes idéalistes (dont votre serviteur) partaient en voyage à vélo avec un ordi dans les sacoches et l’ambition de tenir un site internet régulièrement mis à jour. Ces idéalistes voulaient être cohérents jusqu’au bout : les TShirts qu’ils ont vendus pour financer leur voyage étaient des TShirts bio-équitables (et à l’époque, ça ne se trouvait pas sous la roue d’un vélo), ils ont refusé les sponsors… Et en farfouillant sur le net, ils avaient trouvé pour leur site un hébergeur coopératif et sans pub : ouvaton. Cette coopérative existe toujours.

En 2009, (bien des années après donc), lors de la campagne des élections européennes, votre serviteur faisait la rencontre de plein de gens bien. Parmi eux, un certain Alexis Braud (je vous épargne la longue liste des autres).

En 2011 (ou peut-être en 2012, mais en fait, on s’en fout, merci de ne pas m’interrompre comme ça, c’est désagréable). En 2011, disais-je, je découvrais par hasard  que les destinées de Ouvaton et d’Alexis Braud étaient intimement liées.

Un soir de novembre 2013, à Caen, dans un bar où nous nous étions retrouvés en nous cachant des délégués de nos motions respectives afin de ne pas être bannis et de devoir, dès lors, créer chacun une nouvelle tendance, Alexis, moi-même et quelques autres déléguées partagions un naturel moment de convivialité (le truc de fou). Porté par l’enthousiasme, et malgré la réticence légitime que j’avais à sympathiser une nouvelle fois avec un éminent représentant de la tendance honnie, je lui révélais notre choix d’Ouvaton, 10 ans auparavant.

Croyez-le ou non, malgré les enjeux du congrès, malgré la volonté de fer d’Alexis de ne rien laisser transparaitre, malgré la pénombre moite du bar, j’ai bien vu qu’il était ému. Si, si, je vous jure.

On peut raconter ce qu’on veut sur les écologistes, sur leur médiocrité, sur leurs échecs, sur leurs compromissions … (et d’ailleurs, encore une fois, il faut écouter l’édito de Thomas Legrand sur Inter de ce lundi matin), on peut aussi gloser sur leur masochisme à n’écouter que des éditocrates qui leur rappellent à quel point ils sont nuls de ne pas avoir sauvé le monde en 30 ans.

Il n’empêche.

Il n’empêche que les écologistes, ils sont partout et pas uniquement chez EÉLV. Ils sont souvent là et ailleurs en même temps. Ils tâtonnent, ils expérimentent, ils utopisent, bien des années avant tout le monde.

Et après s’être bien engueulé, après avoir passé plein de temps dans des réunions où le seul à être attentif aux propos de l’orateur est l’orateur lui-même, les écologistes se retrouvent autour d’une table de bistro et redécouvrent que finalement, ils ne sont pas si nuls que ça.

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12 réflexions sur “Où va-t-on ? Mon récit post-congrès édifiant des pratiques des écologistes

  1. Oui François, c’est vrai que ça m’a vraiment ému et un peu réconcilié avec ces conneries. Merci beaucoup d’avoir été la bonne émotion de ce week-end.
    Et encore, nous n’étions que le vendredi soir, à ce moment les choses non catastrophiques étaient encore possibles.
    Dans les gens que j’avais embringué dans le conseil d’administration dès le début, il y avait aussi Rodéric Aarsse que je ne connaissais pas encore à l’époque (2001) et qui est devenu mon complice pendant 10 ans ensuite. Et dans les centaines de premiers coopérateurs, plein de gens qui se sont révélés être des adhérents des Verts. Comme moi déjà à l’époque, mais je n’avais jamais mis le pied dans une autre instance que mon groupe local.

  2. Super, ta chronique ! Et il y a encore une ecolo (au moins) au conseil de surveillance d’ouvaton, qui est encore une super coopérative d’hébergement 😉
    J’ajoute qu’Alexis est aussi à l’origine de l’arbre aux papiers, et qu’il a beau encore être dans la motion honnie, il a quand même fait de chouettes choses…

  3. Et il y a deux ans Rodéric a tenté de me faire entrer dans le CA d’Ouvaton. (tentative échouée) C’est ce jour là que j’ai entendu parler d’Alexis à Ouvaton

  4. Héy ! Je suis à la section EELV de Vernon et aussi au CS d’Ouvaton…
    J’ai beaucoup de mal avec EELV, les calculs de placement des candidats, les luttes d’influence etc. Les motions… en plus c’est assez nouveau pour moi, mais je comprends maintenant bien mieux la vie politique politicienne en France. Où va-t’on…
    Mais le débat d’idée existe, et n’est pas négligeable. Restons ouverts.
    Je trouve juste dommage que ce ne soit pas EELV qui « montre » la façon de faire de l’écologie au quotidien, mais plein d’autres sites.
    Après, on adhère par choix et pour soutenir… et voir si on peut faire plus. J’ai déjà bien assez à faire avec mon boulot pour faire de l’éclairage public avec des capteurs de présence fiables.

    Pascal

  5. D’ailleurs, Ouvaton fut la première coopérative à laquelle je me suis « inscrit » en tant que client.
    Quel engrenage… vertueux. Crédit Coopératif puis Enercoop puis Biocoop, et mon assurance… Pour la ligne téléphonique j’ai beaucoup hésité (FDN), pour le portable, ce n’est pas possible.

    De fil en aiguille j’ai découvert d’autres sociétés, qui en aident d’autres qui ont d’autres manières de faire que ce que nous montrent les JT (Habitat et Humanisme, Adie, Energie Partagée et toutes les autres auxquelles je ne participe pas). Tout un tissu économique qui ne demande qu’à grandir, avec tout le monde.

    • Hé oui, les écolo sont partout et sont plein de bonnes idées. Je pense que nous avons tort d’opposer le monde de l’écologie « mouvementiste » et de l’écologie politique. Les deux ne font pas la même chose. Militer dans la première est sans doute plus gratifiant, on se berce de moins d’illusion que nous le faisons, on a sans doute plus les pieds sur terre que dans l’écologie politique. Mais les deux sont nécessaires.

      Et puis, finalement, les rapports humains, les compromissions diverses et variées, les enjeux de pouvoir, ne sont pas moindres dans le monde associatif, syndical … C’est peut-être juste moins visible et moins exacerbé.

  6. Merci François, pour cet article. Oui, il faut agir à tous les niveaux à la fois, depuis notre coeur et jusqu’à l’univers. Et ce, dans la détente. Bigre ! Comme dit la Bhagavad Gita : « Vous avez droit à l’action, mais pas aux fruits de l’action ». Les fruits de l’action ne sont jamais garantis ? Ben tant pis. L’action juste ne suscite jamais de regret, quelles qu’en soient les conséquences (A. Desjardins – La paix toujours présente).

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